Le 17 septembre 2024, je suis arrivée à Tamraght. Deux jours plus tard, je savais déjà que j'y vivrais.
Le 17 septembre 2024, je suis montée dans un avion en direction du Maroc avec ma meilleure amie, Léa. Nous avions réservé deux semaines dans un surf camp à Tamraght, un petit village que je ne connaissais pas du tout.

Après avoir vécu en Irlande, en Australie, à Barcelone puis à Édimbourg, voyager faisait déjà partie de ma vie. Pourtant, au fond de moi, je sentais encore qu'il existait un endroit où je me sentirais véritablement CHEZ MOI. Je ne savais simplement pas qu'il s'appelait Tamraght.

Je me souviens encore de notre arrivée à l'aéroport d'Agadir. En montant dans la voiture qui nous conduisait jusqu'au village, je regardais le paysage défiler derrière la vitre avec la curiosité d'une enfant. Très vite, j'ai été frappée par une chose : la simplicité. Je voyais trois personnes sur un même scooter, une chèvre marcher tranquillement au bord de la route, des enfants jouer dehors, des inconnus nous sourire sans raison. Tout semblait désordonné et pourtant incroyablement VIVANT. Personne ne semblait pressé. Il y avait quelque chose de profondément humain dans cette façon d'habiter le monde. Je ne connaissais personne, mais j'avais déjà cette sensation étrange d'être accueillie.
Lorsque nous sommes arrivées au surf camp Manzili, cette impression s'est confirmée. L'équipe nous a reçues avec une chaleur que je n'avais que rarement ressentie ailleurs. Très rapidement, je me suis sentie comme à la maison. Les conversations étaient simples, les repas se partageaient naturellement, chacun prenait le temps de s'intéresser à l'autre. Je ne pouvais pas encore l'expliquer, mais je sentais déjà que ce lieu avait quelque chose de particulier.

Ce séjour a pourtant commencé d'une manière plutôt inattendue. Dès mon premier cours de surf, j'ai perdu un ongle de pied. Quelques jours plus tard, une vive m'a piquée, puis j'ai attrapé une énorme insolation. Mon visage était devenu si rouge que tout le monde s'est mis à m'appeler Maticha, qui signifie « tomate » en darija. Aujourd'hui encore, tout le monde m’appelle comme ça. Beaucoup auraient vu une succession de malchances. Moi, j'avais la sensation inverse. J'avais l'impression que mon corps relâchait enfin tout ce qu'il retenait depuis trop longtemps. Sans faire de régime, sans chercher à perdre du poids, j'ai perdu près de cinq kilos en deux semaines. Je dégonflais. Mon ventre était plus léger, mon sommeil plus profond et pour la première fois depuis longtemps, je respirais pleinement.


Ce qui m'a le plus marquée n'était pourtant ni le surf, ni les paysages, c'était cette manière de vivre. J'ai grandi à Paris où j'avais appris à courir après le temps. Là-bas, tout allait vite. On courait après le métro, les rendez-vous, les objectifs, les échéances.
À Tamraght, j'avais l'impression que le temps avait une autre valeur. Les journées étaient rythmées par le soleil, les marées et les repas. On prenait le temps de boire un thé, de discuter, de marcher jusqu'à la plage sans regarder sa montre. Personne ne semblait chercher à optimiser chaque minute de sa journée. Pour la première fois depuis longtemps, moi non plus.
Je crois que ce qui m'a le plus touchée, c'est qu'ici, rien ni personne n'essayait d'être parfait. Les routes étaient parfois cabossées, les maisons simples, les murs marqués par le temps. Rien ne ressemblait aux images lisses que l'on voit sur les réseaux sociaux. Et pourtant, je trouvais tout ça incroyablement beau. Les habitants avaient peut-être moins de choses matérielles mais ils possédaient une richesse qui m'a profondément bouleversée : celle du partage. On préparait des repas avec des produits frais achetés le matin même au souk. On riait beaucoup. On partageait beaucoup. C'est ici que j'ai compris qu'un repas pouvait nourrir bien plus que le corps, il pouvait nourrir les liens, les conversations, le cœur.
Il y avait aussi les animaux. Cela peut sembler anodin, mais pour moi, ça ne l'était pas. Petite, je rêvais d'avoir un chien. J'étais fascinée par les animaux et je passais des heures à les observer. Ici, les chiens dorment sur la plage, les chats se promènent dans les ruelles et font naturellement partie du quotidien. Chaque fois que j'en croisais un, j'avais le sourire. C'était comme si la petite fille que j'avais été retrouvait enfin un morceau de son rêve. J'ai pris cela comme un signe. Comme si cet endroit réunissait, sans que je l'aie demandé, tout ce qui avait toujours fait vibrer mon cœur.
Au cours de la deuxième semaine, j'ai rencontré une fille avec qui en discutant nous avons commencé à imaginer revenir vivre ici ensemble. Cette idée est née presque comme une plaisanterie, mais, au fond de moi, elle sonnait déjà comme une évidence. Lorsque je suis rentrée en France, je n'arrivais plus à penser à autre chose. Quelques semaines plus tard, je réservais un logement pour revenir plus longtemps. Beaucoup de personnes autour de moi n'ont pas compris cette décision. Ma famille a sûrement pensé qu'il s'agissait d'une nouvelle envie passagère. Mais cette fois, ce n'était pas un coup de tête. Je ne fuyais pas ma vie. J'avais simplement trouvé un endroit où je me sentais profondément ALIGNÉE et VIVANTE.
Je suis tombée amoureuse de Tamraght oui mais aussi de la femme que je suis devenue ici. Une femme qui vit davantage dehors, une femme qui commence ses journées dans l'océan, qui achète ses légumes au souk, qui observe les couchers de soleil sans regarder l'heure et qui a enfin cessé de vouloir être parfaite. Tamraght ne m'a pas changée oh non Tamraght m'a simplement permis de retrouver une version de moi que j'avais longtemps mise de côté.

C'est d'ailleurs ici qu'est née l'idée d'IMMERSION RETREATS. J'ai envie de partager ce que ce village m'avait offert : une autre manière de vivre. Une vie plus lente, plus simple, plus connectée à la nature, aux autres et à soi-même. Parce qu'au fond, ce que j'ai trouvé à Tamraght est une façon d'habiter le monde qui ressemble enfin à celle que je porte depuis toujours au fond de moi.




Ton histoire me rappelle ce que j’ai ressenti lorsque je t’ai rendu visite en mars pour ton anniversaire. J’ai été envahie par cette chaleur humaine, cette simplicité et ce lâcher prise dont tu parles . Un vrai bonheur à l’état pur . ❤️🤩☀️
Une histoire à ton image, touchante et inspirante ! 💛